Peut-on vraiment prévoir les cours de la bourse ?
On ne devine pas le cours de demain, mais on peut mesurer ce qui est probable. Ce que disent un siècle de recherche et les marchés ouest-africains.
Par Dr Aymar Géraud Allangba
C'est la question que tout investisseur se pose, et celle que les économistes étudient depuis plus d'un siècle. La réponse tient en deux temps : non, personne ne peut deviner le cours de demain ; oui, on peut mesurer ce qui est probable.
L'idée de marche aléatoire
Dès 1900, le mathématicien Louis Bachelier décrit les variations des cours comme une suite de pas imprévisibles. Dans les années 1960 et 1970, l'économiste Eugene Fama formalise l'hypothèse d'efficience des marchés : si toute l'information disponible est déjà intégrée dans les prix, seule une information nouvelle peut les faire bouger. Or une information nouvelle est, par définition, imprévisible.
Ce que les modèles savent faire
Les modèles de séries temporelles cherchent les régularités que les cours laissent derrière eux. Sur un marché très actif, ces régularités sont rares et disparaissent vite. Sur un marché plus jeune, où certains titres s'échangent peu, l'information circule plus lentement et les cours peuvent garder la mémoire de leur passé. C'est l'une des raisons pour lesquelles les bourses africaines intéressent les chercheurs.
Ce qu'il faut retenir
Une prévision sérieuse ne donne pas un chiffre, elle donne une fourchette et un degré de confiance. Elle sert à se préparer, pas à parier. Et l'expérience montre que l'ampleur des mouvements se prévoit mieux que leur direction.
Article à visée pédagogique, qui ne constitue pas un conseil en investissement. Brouillon proposé par LUNION-LAB, à relire et valider par le Dr Allangba avant publication.